La petite église de Sillegny se trouve à 15 km au sud de Metz dans la vallée de la Seille et appartient au canton de Verny. |
L'église date du 15ème siècle. Comme la cathédrale de Metz, elle est de style gothique. La tour est très massive, les murs ont une épaisseur d'un mètre et les fenêtres sont très hautes. |  |
 | Au 11ème siècle l'endroit devient la propriété de l'abbaye Saint Pierre de Metz et au 12ème siècle Soleignie dépend de l'évêché de Metz. En 1226, Soleignie devient Sulincium et en 1246 l'évêque Jacques de Metz céda le lieu comme fief à l'abbaye Sainte Marie, par contre l'église resta en sa possession jusqu'à la révolution. |
A la fin de la guerre de 30 ans, Sillegny ne fut pas détruite grâce à l'intervention, en 1635, des Suédois et devient un lieu de pélerinage. Saint Martin de Sillegny conserve dans l'arcature de la 2ème fenêtre la date gravée de 1329. La tour fut construite à l'époque de Philippe de Valois. Elle servait à l'époque de refuge aux habitants contre les bandits de tous chemins. |  |
Il y a plus de 450 ans, peu après la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb, le prêtre de Sillegny reçoit une étrange visite. |
Ce sont des hommes envoyés par les Soeurs du cloître Sainte Marie aux Nonnains à Metz et qui sont chargés de peindre l'église. A l'époque c'était la coutume de décorer de peintures tirées de l'évangile et de la bible les plafonds et murs des églises. |  |
Par après les peintures furent recouvertes de badigeon et c'est en 1845 que l'on redécouvrit les peintures du 16ème siècle. Suit une restauration qui dure jusqu'en 1865, par Malardot. En 1944 l'église échappe comme par miracle aux bombardements. Seule la peinture du Jugement Dernier est abimée et en 1946 recommencent les restaurations qui durent jusqu'en 1963. |
Les peintures murales principales de l'église : |
 | L'Arbre de Jessé : Cette peinture a 3,6 mètres de large et 7 mètres de haut. L'arbre de Jessé représente la généalogie du Christ. A la racine de l'arbre se trouve Jessé (le grand personnage couché) et au sommet de l'arbre est représentée la Vierge avec l'enfant. On reconnait, parmis les branches de l'arbre les personnages suivants : David, Salomon, Roboam, Abia, Asa, Josaphat, Ozias, Joatham, Ezéchias, Manassé, Josias et Jéchonias. |
C'est la plus grande peinture murale de l'église. Après le bombardement de 1944 elle fut complétement restaurée. Sur un arc en Ciel, le Christ en majesté, les pieds sur le globe. Au dessus, 2 anges annoncent au son de trompettes l'apocalypse avec le soleil à gauche et la lune à droite. De part et d'autre du Christ sont en prières Sainte Marie (à gauche) et Saint Jean Baptiste (à droite). On retrouve d'un côté le paradis des élus et de l'autre l'enfer. Dans le coin gauche Saint Michel soupèse les âmes. En Haut à gauche Saint Pierre ouvre la porte du paradis. En bas à droite l'enfer accueille les dammés dans la gueule de Léviatan. Cette peinture fourmille de détails : par exemple, un diable tourne à la broche un homme pendant q'un autre démon attise le feu avec un souflet. |
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Saint Christophe : La tradition nous dit qu'il s'agissait d'un géant vivant en Asie Mineure. Il s'était établi passeur d'une rivière. Il fit passer un jour un enfant qui, au fur et à mesure de la traversée, devint de plus en plus lourd, au point qu'il ne pouvait plus le porter. L'enfant lui dit alors qu'il était le Christ portant le poids du monde. Il semblerait que Saint Christophe soit mort martyr. Il est le patron des automobilistes et des voyageurs. On le fête le 25 juillet. |  |
 | Cette peinture fait plus de 8 mètres de haut. Remarquer les nombreux détails de la scène comme les poissons au pieds de Saint Christophe. On peut y voir le roi des poissons avec sa couronne, il représente ceux qui cherchent le pouvoir. une sirène se contemple dans un miroir, c'est le symbole de la tentation. |
Notre Dame de Lorette(en haut) La Vierge avec l'enfant se trouve sur le toit de la Sainte Maison de Nazareth. 4 anges dans les coins, en dessous à gauche 2 personnages à genoux. Dans le fond une tour d'église. Au 15ème siècle on disait en Italie que par miracle des anges auraient transporté la maison de Nazareth à Loreto. Notre Dame assise sur le toit (comme sur un tapis volant) accompagne la sainte maison. Le culte de cette légende se répend en France au 16ème siècle et l'on pense que cette peinture a été exécutée par des peintres italiens. Notre Dame de pitié(en bas) Cette peinture représente une descente de croix. Le corps du Christ reçu dans les bras de la Vierge et de Saint Jean. Les autres personnages représentent Sainte Marie-Madeleine, Marie-Jacques et Marie-Salomon. |  |
 | La mélancolie de Jésus : Le Christ est soutenu par les apôtres Saint Pierre et Saint Jean. A droite est représenté un personnage à genou. Il s'agit d'un personnage important de Sillegny. |
Le plafond de l'église est décoré de motifs floraux et des 4 évangélistes : |
 | Motifs floraux |
Saint Marc et le Lion |  |
 | Saint Jean et l'Aigle |
Saint Mathieu avec l'Homme |  |
 | Saint Luc et le Taureau |
L'église est aussi décorée d'un grand nombre de peintures murales de Saints et Saintes : |
 | Saint Didier(à gauche) et Saint Augustin(à droite). Saint Didier fut evêque de Langres, il mourut martyr sous les coups des Germains le 23 Mai 260. Saint Augustin fut evêque et Docteur de l'Eglise. Né à Thagaste, il fit ses études à Cathage. Après une vie bien remplie, il revint dans sa ville natale et y mourut alors qu'elle était assiégée par les Vandales le 28 Aout 430. |
Chacun des deux Saints est accompagné par deux personnages, il s'agit de la représentation des donateurs de l'époque qui ont permis la réalisation de la peinture. Pour Saint Didier il s'agit de Didier le Mouelt et de sa femme. |
 | Saint Jean (à gauche) et Saint Jacques le Majeur (à droite). Saint Jean est l'un des 12 Apôtres. Il est celui que Jésus aimait et constitue avec Pierre et Jacques le groupe des intimes du Christ. On le fête le 27 decembre. Saint Jacques le Majeur est aussi l'un des 12 Apôtres. Il est le frère de Jean, fils de Zébédée, et le compagnon de travail de Pierre et André. Amis intimes de Jésus. Il est le patron de l'Espagne. |
Saint Sébastien : Martyr. Né à Narbonne, il appartenait aux armées de l'Empereur Dioclétien. Lors de l'épuration de l'armée romaine en 300, il eut à choisir entre servir l'Empereur et servir Dieu, choix toujours difficile pour un militaire : obéir ou non. Il fut transpercé de flèches un 20 janvier pour avoir choisi la 2ème option. Il fut enseveli dans la catacombe de la Via Appia. |  |
 | Saint François d'Assise (à gauche) et Sainte Geneviève (à droite). Saint François d'Assise (1182-1226) est fêté le 4 octobre. Sainte Geneviève (420-500) fut consacrée par l'évêque Germain d'Auxerre en 429 et elle reçut, dans sa quinzième année, le voile des vierges. Elle est la patronne de Paris, des gendarmes et des hôtesses. On le fête le 3 janvier. |
Saint Césaire : martyr en Campanie (une région d'Italie méridionale) à Terracina (300). |  |
 | Saint André : Martyr, il fait lui aussi partie des 12 Apôtres. Après la Pentecôte, il aurait été crucifié à Patras (Grèce), sur une croix en X, les bras et les jambes écartés. La Russie et l'Ecosse l'ont choisi comme patron principal et l'Eglise de Constantinople l'honore comme 'Premier Appelé'. On le fête le 30 novembre. |
Sainte Agathe : Née à Catane en Sicile, elle reçut le nom d'Agathe qui signifie bonté en grec. Enfant, elle se consacra au Christ et fut arrêtée pour cette raison lorsqu'elle fut jeune fille. Torturée par un juge sadique qui voulait absolument la séduire, celui-ci lui fit couper les seins puis la traîna sur des charbons ardents jusqu'à ce qu'elle expire. Elle mourut le 5 février 251 dans sa ville natale, en poussant un grand cri de joie. On le fête le 5 février. |  |
 | Saint Hubert et Saint Paul(en haut à gauche) Saint Hubert aurait été marié avant de devenir évêque de Maastricht en 705. Son épiscopat fut marqué par la destruction des cultes païens et une forte dévotion populaire grandissante. Il mourut à Tervuren, entre Bruxelles et Louvain. Devenu un des saints les plus populaires de Belgique, il est aussi le patron des chasseurs. On le fête le 3 novembre. Saint Paul, né à Tarse (Turquie), mais de citoyenneté romaine, fit ses études juives à Jérusalem. Il fut un meneur lors de la persécution des chrétiens. Rencontrant le Christ sur le chemin de Damas, il demanda le baptême et devint l'apôtre des païens. Il alla évangéliser l'Asie Mineure et la Grèce. Arrêté, il mourut martyrisé, décapité, à Rome. |
Saint Philippe : Disciple de Jean-Baptiste, il est un des premiers Apôtres à suivre Jésus. C'est lui qui montra Jésus comme le Messie à Nathanaël (Barthélémy) et qui l'invita à le suivre avec lui. C'est à lui que s'adressa Jésus lors de la multiplication des pains, et à lui que la foule demanda à voir Jésus. Philippe aurait évangéliser les Scythes et la Phrigie où il serait mort martyr. On le fête le 3 mai. |  |
 | Saint Antoine : Né au sud du Caire, il fut orphelin assez jeune. A 20 ans, il abandonna tous ses biens et alla s'installer dans un château abandonné, dans le désert. Le démon, sous l'apparence d'un cochon, survint et s'acharna à essayer de le tenter. A 35 ans, il s'enfonça encore plus dans le désert pour y murir son expérience d'ascète. A partir de 305, de nombreux disciples vinrent à lui et il devint, bien avant Saint Basile ou Saint Benoît, le premier abbé (père) d'un groupe de religieux qui alla jusqu'à 6000 personnes. Il mourut le 17 janvier en Thébaïde et plus que centenaire. |
Saint Martin : Né en Hongrie, fils d'un tribun militaire, il se trouva enrôlé à 15 ans dans la garde impériale. Cantonné à Amiens, c'est là qu'il partagea son manteau avec un pauvre. La nuit suivante, le Seigneur lui apparut en songe avec la moitié de son manteau. Il se fit baptisé et alla à Poitiers, attiré par le renom de l'évêque Saint Hilaire. Celui-ci l'ordonna exorciste en 339. Avec son aide, il fonda le monastère de Ligugé, près de Poitiers. Ordonné évêque de Tours, il fondera d'autres monastères Il eut à souffrir de la jalousie et des attaques de certains évêques. Il mourut de maladie alors qu'il essayait de réconcilier une équipe de prêtres divisés. Il fut enterré à Tours et son tombeau devint vite un important centre de pèlerinage. On le fête le 11 novembre. |  |
 | Saint Thomas : Impulsif, Thomas est surtout remarqué dans l'Evangile pour n'avoir pas assisté à la première apparition de Jésus et n'avoir pas voulu le croire tant que lui n'en serait pas le témoin. Jésus lui apparut alors et il crut. Il aurait évangéliser la Perse puis les Indes où il serait mort martyr. |
Saint Fiacre : D'origine irlandaise, il émigra en France et se retira en ermite dans la forêt de Brie, à l'endroit où se trouve actuellement Saint-Fiacre-en-Brie (Seine et Marne). Sa réputation de sainteté attira bientôt de nombreux visiteurs. Il priait avec eux, leur donnait des conseils, les soignait et, avec l'aide de Dieu, les guérissait. Après sa mort, il était invoqué contre les hémorroïdes et les pélerins venaient de loin pour s'asseoir sur la pierre où lui-même s'était assis, espérant que ce contact les soulageraient. Pour l'histoire, en 1640, un parisien remplaça les chaises à porteur par des voitures qu'il louait à l'heure : les fiacres tenaient leur nom du fait qu'ils partaient et revenaient tous de l'Hôtel Saint Fiacre, situé rue Saint-Antoine. Il est le patron des jardiniers et est toujours invoqué contre les hémorroïdes. |  |
 | De gauche à droite : Saint Matthieu, Saint Joseph, Sainte Marguerite, Sainte Barbe, Saint Martin, un chevalier, Saint Jacques le Jeune et un évèque. |
Beaucoups de peintures de l'église sont accompagnées de personnages agenouillés. A l'époque, la personne qui, par ses dons, permettait la réalisation des peintures pouvait demander d'être représenté de cette manière. |  |
Les peintures du Choeur sont de 1845 : |
Le jardin des oliviers |  |
 | La Crucifixion |
Il s'agit de peintures à la détrempe. La peinture était appliquée à sec. Les pigments picturaux sont liés entre eux et à la préparation ou enduit du mur par un produit collant en solution aqueuse ou en émulsion comme de la résine, de la colle animale, de l'huile. |
Les peintures sont datées, par les Monuments Historiques, du 16e siècle, 16ème, 18ème et 19ème. |
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